Forteresse de Salses

La forteresse est située à 17 km au nord de Perpignan dans la commune de Salses-le-Château, près du massif des Corbières et de la côte méditerranéenne.

Vue extérieure depuis l'entrée avant la demi-lune sud

La construction de la forteresse résulte du manque d’efficacité de l’ancien château fort de Salses.

En 1496, l’armée française met à sac le château et le village voisin. En effet, le Roussillon appartient à cette époque aux souverains espagnols. Ces derniers cherchent à protéger plus efficacement le territoire. Le roi Ferdinand d’Aragon et sa reine Isabelle de Castille décident la construction de la forteresse de Salses qui fut un précurseur des forts des Temps Modernes. On peut dire qu’il est l’exemple parfait d’un fort de transition entre le château-fort et le fort bastionné type « Vauban ».

Tour d'angle sud-est

L’architecture est de type rasante et les fondations enterrées pour résister aux attaques de l’artillerie. Les murs sont épais et sont faits de briques et de mortier : les boulets métalliques seront moins efficaces. C’est une véritable machine de guerre novatrice pour l’époque. Il y a plusieurs enceintes, des fossés, des ponts levis, de nombreuses tours, une place d’armes, un donjon, des meurtrières comme dans les châteaux-forts. Mais passé tous ces obstacles, les assaillants pouvaient se perdre dans des salles « réduit » et des parcours labyrinthiques où ils étaient décimés par des tirs croisés du même niveau ou de niveaux supérieurs. Les portes étaient blindées (recouvertes de plaques de métal rivetées) pour empêcher toute tentative de les incendier. Les murs sont construits avec des contreforts et des emplacements destinés à mettre les défenseurs en situation de supériorité et éviter tout angle mort.

Après la demi-lune et un pont-levis, la Porte principale flanquée de deux tourelles

La garnison du château se composait d’au moins 1500 soldats et comptait 150 cavaliers et autant de chevaux. La vie pouvait s’organiser en autarcie : salle four à pain, des greniers à provisions partout, une étable, des réserves de munitions et surtout, en plus d’un puits central, des citernes d’eau alimentées par des sources dont les canalisations enterrées n’ont été retrouvées que récemment. La distribution de l’eau dans les différentes salles était assurée par un système de vannes et de canalisations type mauresque (en raison du passé espagnol). Il y avait même des bains chauds!

une des nombreuses tourelles

Le château est construit en 6 ans mais il n’est pas achevé lorsqu’en 1503, la garnison espagnole résiste à un premier siège. L’armée française arrivée par la via Domitia est chassée par l’armée de secours espagnole menée par Ferdinand d’Aragon. Plus tard, la paix signée entre Charles Quint, le souverain le plus puissant en son temps (il était roi d’Espagne, empereur du Saint Empire Germanique et possédait de nombreux territoires sur le nouveau continent : les futurs Cuba, Mexique et Pérou !) et le bouillant roi de France, François Ier apporte la tranquillité pendant près d’un siècle. Charles Quint fit rajouter des tourelles avec des toits type « carapace de tortue » pour faire ricocher les projectiles.

La guerre de trente ans met la forteresse de Salses en lumière. La forteresse en sous effectif est prise par les Français après un siège meurtrier. Les Français installent une garnison de 2000 mousquetaires qui résistent farouchement à une contre attaque espagnole. Ils ne cèderont seulement que vaincus par les épidémies. Les Espagnols inondèrent le bassin environnant. Les eaux usées ne pouvaient plus être évacuées. Les Français survivants partirent avec les honneurs. La forteresse est reconquise définitivement en 1642 par Louis XIII grâce à la révolte des Catalans qui offrirent au roi français le titre de comte de Barcelone. L’armée espagnole est défaite partout. La garnison de la forteresse était forte de 3000 soldats mais 2000 étaient catalans. Les combats ne durèrent pas.

Vue sur le donjon du gouverneur depuis la place d'armes, une cour carrée

En 1659, le traité des Pyrénées entérine définitivement le rattachement du Roussillon à la couronne de France. La frontière est reportée plus au sud sur la crête des Pyrénées. La forteresse n’a plus de raison d’être mais représente un danger en cas de reprise mais surtout son entretien coûte cher. D’autres forts français placés dans les Pyrénées sont plus utiles. Louis XIV envoie Vauban pour chiffrer le montant de sa démolition qui serait exorbitant. Vauban restaure partiellement la forteresse qui devient un poste d’observation puis une prison d’Etat.

Au XIXe siècle, l’armée française l’utilise comme poudrière.

La forteresse est finalement classée monument historique en 1886 aujourd’hui elle est ouverte aux visiteurs. La visite est guidée et les visiteurs pourront flâner à leur guise sur la place d’armes et les pièces attenantes pour voir des expositions. Bonne visite !

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