La Cité de Carcassonne

Carcassonne:

La ville compte 49 133 habitants et elle est la préfecture de l’Aude. La commune est célèbre pour la Cité de Carcassonne qui est un ensemble architectural médiéval restauré par Viollet-le-Duc au 19ème siècle, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997.

Petite explication historique:

Afin de redorer le blason de la Cité, sous Charlemagne, plusieurs légendes existent. la plus célèbre est celle de Dame Carcas. Cette femme Sarrasine aurait défendu Carcassonne pendant 7 ans face à l’empereur. Alors que ce dernier levait le siège, Dame Carcas l’aurait appelé, ce qui aurait fait dire à l’un des proches de Charlemagne : « Sire, Carcas te sonne », d’où le nom de la ville.  Le buste présent aux Tours Narbonnaises est une reproduction en pierre de la statue originale, conservée au musée lapidaire de la Cité.

Carcassonne est connue depuis le Néolithique. Ont défilés, ici, les Gaulois, Romains, Wisigoths, Sarrasins, les Francs. Ce carrefour stratégique se trouvant dans un couloir entre la montagne Noire au nord et les Corbières à l’est, la plaine du Lauragais à l’ouest et la vallée de l’Aude au sud, fut un promontoire; un oppidum que les Romains ont développé. Carcassonne portait le nom de « Carcasso ». Par la suite, les Wisigoth en ont fait une forteresse frontière pendant 200 ans, jusqu’à l’arrivée des Sarrasins. Pépin le Bref  les chasse au 8ème siècle. Les Trencavel, noble famille, font construire leur château. Un membre de la famille, Raymond Roger Trencavel, vicomte de Carcassonne, défend la cause Cathare. Malgré l’ardeur de ce neveu Trencavel, son engagement coutera à la ville d’être assiégée par les Croisés dont le chef s’appelle Simon de Montfort. Le ville est réduite à merci au bout de 15 jours. Le conseil de l’armée investit Simon de Montfort de la vicomté de Carcassonne. En 1240, le fils de Trencavel repart à la conquête de son fief perdu. Saint Louis fait bâtir une nouvelle ville, la Ville Basse ou la Bastide sur l’autre rive de l’Aude. Les possessions de Montfort sont cédées au Roi Louis VIII et le Cité se développe. Le danger venant d’Espagne, il faut renforcer les remparts et séparer l’intérieur de la cité de l’extérieur par des « lices ». Dans le même temps, la Cathédrale prend de l’ampleur. Cette Cité prend rapidement des allures de forteresse militaire avec un plan carré, des rues à angles droits, bastion à chaque angle et deux églises (une au nord et au sud). Les habitants résidaient dans le ville « basse ».

Suite au traité des Pyrénées en 1659, le Roussillon se voit rattaché à la France, le rôle militaire de la Cité s’amenuise littéralement. Carcassonne perd son rôle stratégique et est déclassé comme place de guerre. C’est le déclin. La Cité devint successivement arsenal, entrepôt d’armes et de vivres sous l’Ancien Régime et la Révolution. Enfin, après avoir servie de carrière au 19ème siècle, la Cité fut sauvée par d’érudits locaux dont Prosper Mérimée.

Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, ne reste pas insensible aux ruines de la Cité.  En 1849, Carcassonne est sauvée de la démolition et la cité est classée monument historique. Natif de Carcassonne, Cros-Mayrevieille fait part de son émotion  » à la vue de l’ancienne Barbacane que l’on démolissait alors pour construire une filature ». Pour lui la cité est l’équivalent d’un vestige historique. En 1841, grâce à sa découverte du tombeau de Guillaume Radulphe, il parvient à faire classer la cathédrale Saint-Nazaire. Un gigantesque chantier de restauration confié par l’Etat français à Eugène Viollet-le-Duc peut commencer.

Voici l’ordre chronologique des restaurations :

– 1855-1856 : tour de la Justice, tour wisigothe, tour de l’Inquisition et courtines correspondantes. Ouvrages en avant de la porte d’Aude.

– 1857-1858 : tours de l’Evêque, de Cahuzac, Mipadre, et les courtines correspondantes, porte est du château.

– 1859-1860 : tours de la porte Narbonnaise et courtine correspondante jusqu’à la tour du Trésau.

– 1862-1863: Barbacane Crémade, tour d’Ourliac, courtines de la tour Mipadre à la tour de Castéra, tours du Moulin du Midi, du Plô, des Prisons, de Castéra.

– 1864-1866 : porte Saint-Nazaire, tour Saint-Martin.

– 1872-1879 : tours du Moulin du Connétable, de Vieulas et de la Marquière et courtines correspondantes. Courtines de l’enceinte extérieure de la tour Cautière à l’avant-porte d’Aude. Tour du Trésau. Tours du Grand Brulas, du Grand Canissou et du Petit Canissou.

Une fois les travaux achevés, la Cité était sauvée.

La Cité:

La Porte Narbonnaise:L’entrée principale de la Cité, le seul accès aux chars, se trouve à l’opposé de la ville basse (orienté Narbonne). Cette porte est un véritable châtelet à créneaux construit sur le pont franchissant le fossé. La porte est protégée par une doulbe herses. Un assommoir est aménagé dans le passage. Une barbacane percée de meurtrières précèdent les deux tours à éperon (ou à bec servant à dévier les projectiles adverses) hautes de 30 mètres destinées à repousser l’assaillant par des jets de pierres, fagots enflammés. Entre les tours, au-dessus de l’arche, on aperçoit une statue de la Vierge. Cet ensemble architectural est doté d’un équipement domestique (saloir, citerne, cheminées), on pouvait donc vivre et tenir longuement une garnison en cas d’attaques ou de sièges. A l’intérieur, les salles à tous les niveaux expriment les raffinements de l’architecture gothique, en particulier au niveau des fenêtres à remplage côté ville, aux voûtes sur croisées d’ogives et aux cheminées très imposantes.

Les lices:Les lices sont l’immense terrain vague situé entre les deux enceintes. Ce chemin de ronde faisait le tour de la Cité. Les lices basses se rétrécissent jusqu’à disparaître à la tour de l’Evêque, qui barre le passage. Au cours de la visite, vous admirerez la tour de l’inquisition où siégeait le tribunal de l’Inquisition. Il ya un pilier central avec des châines et un cachot qui témoignent des tortures subies par les hérétiques, une véritable salle de torture. Ensuite, vous aurez la tout Carrée de l’évêque, bâtie sur les lisses et bloquant toute communication entre la partie sud et nord. Cette tout était destinée à l’évêque. Au pied de la tour de Justice où les Trencavel se réfugièrent pour échapper aux troupes de Simon de Montfort. Les lices hautes sont très larges. Après la porte Narbonnaise, vous remarquerez la tout de la Vade composée de trois étage, véritable donjon avancé permettant la surveillance de la partie Est. Les tours du Grand Brulas et Mipadre présentent également beaucoup d’interêts.

La porte d’Aude: Elle représente l’élément majeur des lices. Cette porte est accessible par le pont vieux, la rue Barbacane et la petite église Saint-Gimer. Le grand et le petit châtelet et la place d’armes participent à la défense de ce point stratégique.

Château Comtal  et les remparts:Érigé en 1130 par les Trancavel (Bernard Aton Trencavel), ce château était le palais des vicomtes. Il fait 80 mètres de long et 40 mètres de large.  Une fois rattaché au domaine royal en 1223, le château évolua en citadelles, où l’on trouve le seigneur et se suite. Il fait office de donjon et est le centre névralgique de toute la Cité. On accède au château par un pont en pierre qui enjambe les douves dans une grande barbacane semie circulaire. Cette architecture militaire est une véritable forteresse intérieure. On peut visiter également les remparts gallo-romains, les tours royales, les cours d’honneur et du Midi, et les deux corps de bâtiments.

Le dépôt Lapidaire: Des vestiges sont réunis dans ce musée. Des bornes militaires du 3ème siècle, sarcophages du 5ème, des objets du Moyen-Age comme des pierres tombales, chapiteaux, stèles, peintures romanes. On peut y voir des lavabos du 12ème de l’abbaye de Lagrasse et le calvaire de Villanière du 15ème.

Basilique Saint-Nazaire:En entrant dans cette Basilique, on est frappé par la splendeur des vitraux. Cet ensemble exceptionnel fait parti des plus beaux de la région. Le vitrail central du choeur encadré par deux verrières représente la vie de Jésus avec Paul et Pierre. Le soleil embrase le tout le matin et le soir la rosace sud  se pare de mille feux. Vous serez surpris par le contraste entre la nef centrale et le chevet gothique. Les colonnes sont délicates et les piliers sont tenus et ornés de statues taillées, ces dernières rappellent celles de Reims et Amiens. De nombreuse œuvres d’art sont présentes comme un bénitiers du 12ème siècle, un orgue du 17ème, un chaire d’Empire Magnifique, un gisant d’albâtre, une pieta polychrome du 16ème, une Trinité du 14ème. Enfin, n’oublier de jeter un coup d’oeil sur la cloche de bronze du 16ème qui dépasse la tonne.


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